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Quand Bollywood aborde la santé mentale.

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À l’occasion de la semaine de la santé mentale 2022, voici un top cinq des films de l’industrie bollywoodienne qui aborde la santé mentale, sans détour avec une certaine authenticité et sensibilité.

Top 5 des films abordant la santé mentale :

Pendant très longtemps, la perception de l’industrie cinématographique Bollywoodienne s’est limitée aux classiques des années 2000. Alors que Bollywood est souvent accusé d’offrir des films clichés, il est arrivé qu’il nous offre des joyaux traitant des sujets sérieux tel que la santé mentale. Et, bien qu’il y ait parfois de grandes inexactitudes scientifiques et médicales, il y a des moments où le film rend justice au thème et nous fait contempler la vie de ceux qui vivent avec ces maux. Par ailleurs, cette industrie en pleine mutation n’a cessé de s’adapter à tous les changements de la société indienne. Cette vision limitative doit évoluer et c’est dans ce sens que nous vous allons présenter cinq films allant du Blockbuster aux films d’auteur.

Numéro 5 : Heroine.

Affiche du film Heroine.

Ce film de Madhur Bhadakar ne se concentre pas exclusivement sur la santé mentale. Il aborde sur un premier plan le monde du glamour, du succès et de la chute des actrices dans l’industrie cinématographique indienne.

Dans ce film, Kareena Kapoor dans le rôle de Mahi Arora souffre d’un trouble bipolaire engendré par des traumatismes d’enfance. Beaucoup d’artistes à travers le monde et l’Histoire ont souffert de bipolarité. Nous pouvons assez justement observer durant ce film l’alternance des phases de ce trouble : Mahi Arora passe d’une euthimie (phase « normale »), à des phases maniaques où sa productivité et son irritabilité augmentent. Et à des phases depressives où elle ne parvient plus à sortir de chez elle. Les addictions liées à ce trouble sont également apparentes : alcool, anxiolytiqyes, tabac. Enfin, nous pouvons assister à ses séances avec sa psychiatre qui ne cesse de la conseiller et de l’aider.

Numéro 4 : Anjaana Anjaani.

Affiche du film Anjaana Anjaani.

Cette comédie romantique réalisée par Siddharth Anand met en vedette Priyanka Chopra Jonas et Ranbir Kapoor dans les rôles de deux personnes suicidaires tentant de mettre fin à leurs jours mais échouant lors de cette tentative. Ils concluent donc un pacte, se donner 20 jours à vivre et se suicider au nouvel an 2010.

Bien que moins authentique, plus caricatural, ce film a rempli une mission subtile : présenter les idées suicidaires, les traumatismes psychiques, l’anxiété et le stress sous le prisme de la dérision et de sorte à rendre le message accessible au plus grand nombre.

Numéro 3 : Game Over.

Affiche du film Game over

Produit en partie par Netflix, ce film réalisé en Tamoul et Télégou est particulièrement original et intéressant à analyser. Swapna (Taapsee Pannu) souffre d’un PTSD (Post-Traumatic Stress Disorder). Elle est en outre créatrice de jeux vidéos. Il y a tout une intrigue autour d’un tatouage réalisé avec les cendres d’une femme ayant été précédemment assassinée. Mais ce n’est pas l’aspect le plus pertinent.

Effectivement, le film s’appelle « Game Over » et il s’agit d’une figure de style et d’une mise en abyme extrêmement intéressantes. Tout au long de ce long métrage, nous pouvons oberver trois parties. Elle est poursuivie dans ce jeu par un ennemi assez mystérieux et qui est assez imposant. Elle perd à deux reprises avant de remporter la victoire lors de la troisième partie. Cet ennemi serait son PTSD ? La question se pose d’autant plus que nous pouvons explorer de nombreux symptômes de ce syndrome : revivence, anxiété, phobie, crises d’angoisse, etc…

Numéro 2 : Woh Lamhe.

Affiche du film Woh lamhe.

Ce drame romantique mettant en vedette Kangana Ranaut et Shiney Ahuja est une sorte de biopic librement inspiré de la vie de l’actrice Parveen Babi. Écrit par Mahesh Bhatt, ce film est basé sur l’idylle amoureuse vécue par Mahesh Bhatt lui-même et Parveen Babi. Durant sa vie, Parveen Babi a vécu une schyzophrénie paranoïde. Bien qu’elle ne l’ait jamais admis de son vivant, les journalistes et les manifestations qu’elle a pu vivre en public l’ont démontré. Les protagonistes vont donc tomber amoureux et Mahesh Bhatt va accompagner dans cette épreuve Parveen Babi. Ce qui est assez intrigant c’est que l’on peut observer ce qu’elle voit, c’est-à-dire ses hallucinations comme réelles. C’est vraiment à l’intervalle que l’on comprend explicitement qu’elle souffre d’une pathologie psychiatrique.

Numéro 1 : Dear Zindagi.

Écrit par Gauri Shind, ce drame considéré comme « Coming-of-Age » met en avant Alia Bhatt dans le rôle de Kaira, une jeune femme carriériste et assez indépendante. De l’autre côté, Sharukh Khan est visible dans le rôle de Dr. Jehangir, un psychologue également appelé dans le film comme D.D (Dimag ka doctor, médecin du cerveau). Ce film un peu moins accessible dans la mesure où il s’adresse plutôt à un public jeune ou du moins se reconnaissant dans ces problématiques nouvelles que sont les relations complexes. Kaira souffre d’un syndrome de l’abandon lié à son enfance, d’insomnie et d’une dépression (bien que le terme de dépression ne soit pas explicitement abordé).

Affiche du film Dear zindagi.

Elle consulte alors Dr. Jug qui va lui proposer une thérapie. Nous pouvons découvrir au fil des séances une jeune femme assez fragile emprise à des questionnements existentiels et également à des questions autour des relations amoureuses. En effet, en raison de son syndrome de l’abandon, elle intègre le schéma suivant : abandonner ses partenaires avant qu’ils ne l’abandonnent.

Ce film doué d’une sensibilité extrême brise le tabou autour des problématiques de la santé mentale. Il est une invitation à s’intéresser à la psychologie et à mener une thérapie, si besoin est.

Quel intérêt et pertinence pour la société indienne ?

La relation entre la société indienne et son industrie des images est sans aucun doute encore plus chargée de sens que dans les autres nations cinéphiles et dotées d’une production d’envergure comme les États-Unis, le Japon ou la France. Ainsi, les films évoquant la santé mentale ont une portée de pédagogique brisant de ce fait un tabou présent dans la majorité des sociétés. Ce tabou est d’autant plus fort dans les sociétés sud-asiatiques où une réelle stigmatisation subsiste autour des maladies et des troubles psychiques.

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