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MADE IN HEAVEN : Au-delà du folklore des mariages de très riches indiens

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L’actrice Sobhita Dhulipala est Tara dans la série Made in Heaven. Amazon Prime/Capture d'écran

Vous le savez sans doute, le mariage en Inde est une affaire de famille ! Au-delà de l’amour (ou pas) entre les époux, l’institution du mariage scelle une alliance entre deux familles. Coutume en Inde, les mariages arrangés sont toujours en vigueurs et touchent tous les milieux sociaux de la société.

100 millions de dollars pour le mariage de sa fille

Pour preuve, une étude sociologique selon lesquels 93% des Indiens vivant en milieu urbain ont eu un mariage arrangé. La venue d’un mariage est l’occasion d’une célébration en grande pompe, surtout chez les Indiens les plus aisés pour qui c’est le moyen d’afficher sa richesse et sa réussite. En décembre 2018, le milliardaire Mukesh Ambani n’a pas hésité a dépensé 100 millions de dollars pour le mariage de sa fille Isha avec un autre riche industriel, Anand Piramal. Ce mariage ultramédiatisé de plusieurs jours a fait le tour du monde et a permis au clan Ambani d’afficher sa puissance.

Made in Heaven disponible actuellement sur Amazon Prime

Un mariage en Inde nécessite une organisation parfaitement millimétrée

C’est dans cet univers que Tara et Karan nous plonge avec leur société d’organisation de mariage : Made In Heaven. Le folklore tourbillonnant qu’est celui de l’organisation d’un mariage en Inde nécessite une organisation parfaitement millimétrée et doit répondre aux exigences de clients très pointilleux. Mais derrière ces mariages extravagants et ultra-luxueux où l’on dépense des fortunes, la série dépeint une réalité moins superficielle : mariages arrangés où forcés, tests de virginité, adultères, dotes, castes sociales, mensonges et autres. Tara et Karan ne sont pas simplement des organisateurs de mariages, ils gèrent tous ce qui découle et émane d’un tel événement.

Made in Heaven avec Arjun Mathur, Shashank Arora et Sobhita Dhulipala
Made in Heaven avec Jim Sarbh, Shashank Arora et Sobhita Dhulipala

Au delà de tout ça, nous faisons face à des personnages principaux fragiles dans lesquels on s’accroche facilement. La série retrace l’élévation sociale de l’ambitieuse Tara via des flashbacks. Venant d’un milieu plutôt pauvre, la jeune femme a dû travailler dur et n’a pas hésité à user de tous ses charmes et de diverses manipulations pour s’élever socialement, notamment en séduisant et en épousant un riche industriel. Dans une société de castes où les mariages endogamiques sont la règle, le mariage de Tara fait exception et est sujet à de nombreux parallèles d’autant plus, quand celui-ci bat de l’aile. 

De plus, notons la dimension engagée de cette série ou sont abordés des sujets encore tabou en Inde, tel que celui de l’homosexualité. Karan vit dans le déni de sa mère face à son homosexualité. Au fil des épisodes, sa peur d’être découvert s’estompe, il s’assume et s’engage publiquement au détriment de sa mère qui le rejette et à la compréhension inattendue de son père.

Les Indiens aisés et très occidentalisés parlent et maitrisent parfaitement l’anglais

Au fil du temps, la série laisse entrevoir cette dynamique de changement de l’Inde, avec cette confrontation permanente entre une société patriarcale et les valeurs modernes telles que l’émancipation des femmes, tant socialement, financièrement que sexuellement. Comme souvent chez Zoya Akhtar, la série comporte un réel message féministe.
Un détail a toute son importance, celui de la langue parlée. Les Indiens aisés et très occidentalisés parlent et maitrisent parfaitement l’anglais tandis que les Indiens modestes et plutôt traditionalistes parlent la langue locale. Ce contraste de milieu social est flagrant avec cette question de la langue et nous interpelle sur une ségrégation sans conteste entre deux groupes distincts.

La série Made in Heaven. Amazon Prime/Capture d’écran

Par ailleurs, apprécions la qualité de l’image avec de nombreux plans larges qui donnent une impression de filmer en continue. Le naturel de la caméra, qui se fond dans des décors tant somptueux que plus prosaïque est très agréable.

Le choix des acteurs est juste excellent, la preuve en est la nomination d’Arjun Mathur qui interprète Karan aux prestigieux International Emmy Awards dans la catégorie « meilleure performance d’un acteur ». En plus de Sobhita Dhulipala qui incarne Tara nous retrouvons également le très talentueux Jim Sarbh (qui a éblouit en jouant un terroriste dans le film Neerja) ou encore Kalki Koechlin (une habituée des grosses productions et des films plus indépendants), Shashank Arora (Titli) où Shivani Raghuvanshi, qui incarne à merveille une fille naïve de la banlieue pauvre de Delhi mais très maligne et empreinte d’ambitions. De nombreux guests sont à l’appel tels que Neena Gupta, Rasika Dugal (Delhi Crime) ou encore Vikrant Massey, un des acteurs indiens les plus talentueux aujourd’hui.

Disponible sur la plateforme Amazon Prime Video, le diffuseur américain affirme de plus en plus sa volonté de diversifier son catalogue, en distribuant des programmes originaux et novateurs. La série a été reconduite pour une deuxième saison en février 2021, espérons qu’elle soit aussi bonne que la première.

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2 Commentaires
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John
5 mois il y a

Ça m’a donné envie de le voir 😅

Éditeur
Laila Soliman
5 mois il y a

Excellent, maintenant j’ai plus qu’à prendre un abo Prime Video haha

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